Quelques
informations prélémilaires en vue d'estimer les caractéristiques de la
floraison 2007 des abricotiers
Déroulement de la croissance florale
L'automne 2006 et l’hiver en cours se sont caractérisés jusqu'à présent par
une douceur notable, avec toutefois des épisodes de froid dans les normales
saisonnières. Au 1er février 2007, sur le centre Ctifl de Balandran, le cumul
des heures de froid (températures inférieures à 7.2°C.) était de 742 heures.
Estimé en Actions de Froid (méthode dite de Bidabé utilisée par l'INRA de
Montpellier) la quantité de froid accumulée était de 96 unités. Quel que soit le
mode de calcul utilisé, ces profils thermiques rapprochent les conditions de
floraison 2006-2007 de celles de 2000-2001. En revanche, les conditions de
2005-2006 se sont caractérisées par l'hiver le plus froid des treize dernières
années. Des observations conjointes réalisées depuis l'automne 2006 sur la
croissance des ébauches florales ont montré un retard de la satisfaction des
besoins en froid. Selon les besoins en froid des variétés considérées, on peut
estimer que la levée de dormance a présenté un retard de 2 à 4 semaines par
rapport au cycle précédent (2005-2006).
Sur la base d'observations à la
floraison 2001, on peut s’attendre en verger à une hétérogénéité et un
échelonnement de floraison intra-arbre pour des variétés relativement exigeantes
en froid (floraison sur pousses longues plus tardives que celle sur pousses
courtes). De même les différences de précocité entre variétés sur un même site
sont susceptibles d'être accrues, avec peut-être des inversions de période de
floraison par rapport au calendrier habituel. Inversement les différences
régionales pour une même variété pourraient être réduites. Globalement, en
raison du retard de croissance, du à une levée de dormance tardive, la floraison
pourrait être moyenne à tardive, selon l'importance du rattrapage par les
conditions de température de février et de début mars.
Nécroses florales responsables de chutes à la floraison
Contrairement à ce qui a été observé à la suite des conditions
douces 2000-2001, les observations de l'état des ébauches florales réalisées
conjointement, notamment sur des variétés de référence connues pour leur grande
sensibilité à ce phénomène, ne révèlent à ce jour que très peu de détériorations
visibles de ces ébauches. Néanmoins il faut rester prudent car on ne peut pas
exclure une apparition tardive de nécroses plus ou moins défavorables à la
production, en particulier pour les variétés sensibles.
Compte tenu de l'ensemble de ces observations, il paraît préférable pour la taille des
arbres, si celle ci n’est pas déjà réalisée, de s’en tenir à une intervention
légère, dans l’attente d'observations effectives à la floraison. Il serait
également prudent d'assurer les conditions d'une bonne pollinisation.
Michel JAY, Jean LICHOU (Ctifl Balandran), Jean Michel Legave (INRA
Montpellier) 14 février 2007.