FAVORISEZ LE COURSONNAGE

 

 

 

 

L‘automne peut être une bonne période pour préparer les arbres à la future taille d’hiver. Par ailleurs, cette taille « d’hiver » débute souvent tôt pour des raisons de gestion du personnel et il est bon d’insister sur l’importance que revêt le coursonnage.

Si la pré-taille a été réalisée, elle a dû respecter quelques branches de deux ans, voire quelques gourmands, qui peuvent être utilisés pour regarnir l’arbre et/ou répondre aux exigences de production de certaines variétés. Si elle ne l’a pas été, ces organes sont naturellement présents dans l’arbre et peuvent être utilisés avec profit.

 

Sont plus particulièrement concernées :

§        les variétés ayant tendance à se dégarnir (matériel végétal virosé par exemple),

§        celles dont la qualité du bois se détériore rapidement et pour lesquelles les coursonnes doivent être renouvelées périodiquement,

§        les variétés que l’on taille habituellement sur bois de deux ans et dont les rameaux mixtes sub-verticaux évoluent en branches fruitières vigoureuses.

Ø     Qu’est-ce que le coursonnage ?

Ce néologisme désigne l’action d’installer entre la branche charpentière ou la sous-mère et les rameaux mixtes des structures intermédiaires appelées coursonnes. Ces dernières ont deux ans au moins. Elles peuvent être raccourcies ou non et porter des rameaux mixtes, des bois de deux ans et/ou des productions courtes.

Dans la plupart des formes fruitières, ces coursonnes seront de plus en plus courtes en allant du bas vers le haut, de manière à respecter la conicité de la branche charpentière qui les porte.

 

 

Coursonnage s’installant naturellement

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Ctifl

 

Coursonne installée artificiellement par pliage et attachage

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Ctifl

 

Ø     Fonctions et réalisation du coursonnage

 

La fonction des coursonnes est d’assurer le renouvellement en rameaux mixtes. En effet, un rameau qui produit donne la priorité à ses fruits et n’assure pas toujours un repercement de qualité ; c’est particulièrement vrai pour des variétés difficiles de type RICH mais bien d’autres encore. C’est alors la coursonne qui prend le relais en produisant elle-même les rameaux de remplacement.

Le coursonnage constitue le système « assurance rameaux » de l’arbre.

 

Il ne s’installe pas toujours naturellement et les variétés de type acrotone coursonnent beaucoup plus difficilement que celles de type basitone. De même, un arbre conduit en branches directes (c’est-à-dire dont les charpentières ne sont ni taillées ni écimées)  a beaucoup plus de difficultés à développer un système de coursonnage que lorsque l’on a pratiqué des écimages et tailles régulièrement.

 

Il devient alors nécessaire d’aider la nature en créant ces coursonnes à partir de rameaux mixtes forts que l’on positionne à l’horizontale par attachage. Ce dernier consiste à solidariser un anticipé du rameau sélectionné avec un rameau situé plus bas dans l’arbre. Cela se fait, soit à l’aide de liens métalliques (liens dits « à oreilles » ou simples morceaux de fil métallique), soit d’agrafes posées à l’aide d’une pince à grillage. Cette opération est aisée et doit débuter tôt dans la vie de l’arbre. Elle peut être pratiquée en même temps que la taille d’hiver ou la précéder, ce qui évite aux tailleurs de conduire deux opérations simultanément. Dans ce dernier cas de figure, il faudra veiller à ne pas retailler le matériel positionné par attachage (c’est plus facile à écrire qu’à faire !). Il est également possible de glisser une branche sous l’insertion d’une autre, ce qui limite l’attachage.


 

Arcure d’un rameau vigoureux

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Ctifl

Détail de l’attachage à l’aide d’un lien métallique dit « lien à oreilles »

 

 

 

 

 

 

    

 

 

 

Photo : Ctifl

 

 

Effet de l’arcure et constitution d’une coursonne

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Ctifl

 


 

 

Une autre technique consiste à incliner des bois de deux ans subverticaux en utilisant les mêmes artifices que précédemment. Elle est particulièrement utile pour les variétés qui produisent peu sur rameaux mixtes et le font d’autant moins que les rameaux sont érigés. Cette récupération est également très utile dans une conduite d’arbre en branches directes (dôme) ou en mode « taillé-tiré ». Les coursonnes de deux ans sont disposées de part et d’autre de la charpentière en veillant à en installer plus vers l’extérieur de l’arbre qu’entre deux branches du même arbre s’il s’agit d’un double Y ou d’un gobelet.

 

 

 

Positionnement par arcure puis attachage d’une coursonne de deux ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Ctifl

 

Une distance raisonnable doit être respectée entre deux coursonnes pour des raisons d’ensoleillement et d’aération. Ce manque d’aération peut être préjudiciable dans la lutte contre les maladies de conservation.

Par ailleurs, en situation ventée, des coursonnes trop proches les unes des autres entraînent des frottements et des dégâts de boisage sur fruits.